Par Yanick Péloquin,
Agent de développement,
Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ)

 

Il y avait jadis un endroit sérieux et austère appelé la bibliothèque. L’impératif du silence quasi absolu régnait. Une dame, souveraine derrière son comptoir, fronçait les sourcils en votre direction si vous vous risquiez à souffler mot entre deux rayons de livres. La bibliothèque était un lieu pour emprunter des livres. Et pour les rapporter.

Quelques années plus tard, Danielle Boccioli entre à la bibliothèque Robert-Bourassa sise à Outremont. Mais par quel enchantement les bibliothèques se sont-elles transformées? Les voix multigénérationnelles communiquent entre elles et accueillent Danielle. Les espaces respirent, la lumière naturelle s’infiltre partout par l’invitation des grands jours sans rideaux. Dès l’entrée, un énorme tableau peint par des enfants évoque le roi de la jungle. Les enfants ont leur appartement avec aire de jeux et mini-auditorium pour l’heure du conte avec Julie. La dame du comptoir a un sourire convivial devant cette effervescence tranquille de vie. Et l’on peut encore emprunter des livres. Et pas que des livres: aussi des disques compacts, des DVD/Blu-Ray, des jeux vidéo et de société, des laissez passer pour des musées, alouette! Danielle Boccioli est émerveillée et perce vite le mystère de la métamorphose :

 

Heure du conte, par Julie Sélesse à la Bibliothèque Robert-Bourassa, Danielle Boccioli / Crédit photo : © Rébecca Bleau 

 

« La chaleur humaine! Quand je vais à ma bibliothèque, je me sens chez moi. »

– Danielle Boccioli, utilisatrice.

Danielle ne fait pas qu’emprunter des livres pour elle et pour son petit-fils, elle donne à sa bibliothèque les effets bienfaisants de ses propres pouvoirs magiques. Danielle est une fée-marraine. Elle a charmé les enfants en leur faisant la lecture dans leur mini-auditorium. Danielle enchante les mots pour libérer la créativité de ses petits. Elle garde encore au cœur l’empreinte des câlins enfantins sous le regard complice des parents. La magie est multilatérale.


Danielle reconnaît aussi les pouvoirs d’autres fées et génies de la bibliothèque. Delphine transforme ses participantes adultes en écrivaines lors de ses ateliers d’écriture. Les mots qui parlent à l’âme ne sont pas toujours des trésors encoffrés dans les livres, les mots sont libérés et virevoltent comme des feux follets dans la bibliothèque. Ils tissent des liens entre des personnes qui ne se seraient jamais connues ailleurs. C’est ce que les démiurges des bibliothèques appellent le troisième lieu : il y a le domicile, l’école, maintenant la bibliothèque. Les potentialités sont illimitées pour créer davantage de magie.


Revenons à notre bonne fée-marraine. Danielle participe le mardi aux Matinées pour retraités. L’activité, animée par les sympathiques Mélissa et Carl, démystifie les grandes thématiques de l’actualité et l’usage de la technologie au bénéfice des participantes. L’activité a remporté le plus récent prix « Les bons coups ». Danielle trouve important d’être de son époque entre deux récits fantastiques.
Et comme tout conte finit par une morale, Danielle en prodigue une avec bienveillance :

Heure du conte, par Julie Sélesse à la Bibliothèque Robert-Bourassa / Crédit photo : © Rébecca Bleau


«Je dis souvent aux familles quelle chance elles ont d’avoir accès à toutes ces belles activités gratuites. Il faut dire merci aux gens qui les préparent.»

 

Le réseau des bibliothèques de Montréal a harmonisé son offre de services à sa clientèle afin de rendre l’accès à la culture plus attrayant et plus chaleureux pour une clientèle intergénérationnelle (tout-petits, ados, adultes, retraités). La bibliothèque d’Outremont offre aussi de multiples animations dans des espaces à aire ouverte. Chaque bibliothèque a ses fées-marraines, ses génies, ses moments magiques et ses rêveurs. Et tout ça ne coûte qu’un merci!