Par Yanick Péloquin,
Agent de développement,
Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ)

 

La tendance actuelle est à la combinaison des ressources existantes et à l’hybridation. Le domaine du transport est particulièrement au cœur de ces expérimentations. Favoriser la mobilité des citoyennes et des citoyens en dehors des centres urbains représente un défi pour certaines municipalités. Certaines ont emboîté le pas, et la Ville de Sorel-Tracy a fait figure d’avant-gardiste pour son système de transport en commun qui combine le covoiturage et le taxi traditionnel : le Taxibus.

« Je l’utilise jusqu’à six fois par jour depuis ses débuts en décembre 1999. »

– Ghyslaine Patenaude, utilisatrice.

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Taxibus Sorel-Tracy, St-Joseph-de-Sorel / Crédit photo ©Yanick Péloquin, Rébecca Bleau

Les usagers paient un tarif mensuel de 96$ (63$ pour les étudiants et les aînés) ou un tarif à la pièce de 4,75$ (3$ pour les susnommés). À première vue, ces prix peuvent sembler peu attrayants. Madame Patenaude est soucieuse de l’aspect service/prix. Elle note chaque fois sur son calendrier le prix aller-retour de la course puisque le taximètre (ou compteur) est activé pendant le trajet.

« Une fois, le trajet aller-retour s’élevait à 30$ si on prenait le taxi traditionnel; je ne pourrais pas me payer ces sorties si je n’avais pas Taxibus. »

 

L’usager doit téléphoner une heure à l’avance pour réserver une place à bord de la voiture taxi qui le prendra à l’un des 325 points d’arrêt disséminés à travers le territoire desservi. La voiture peut voyager jusqu’à quatre passagers à la fois, d’où le concept de covoiturage. Ainsi, madame Patenaude partage ses voyages avec des personnes de tous les âges dont des étudiants du cégep local. Elle assure que les rapports sont toujours courtois et respectueux. L’entregent et l’acceptation des différences sont à l’avenant.

De plus, le territoire desservi a pris de l’expansion depuis la réussite d’un récent projet pilote : une ville adjacente –Sainte-Anne-de-Sorel- est dorénavant accessible pour les usagers de Taxibus. Cette ville qui s’étend jusqu’au pays du Survenant ne bénéficie pas d’un service d’autobus. Madame Patenaude y connaît des gens qu’elle peut maintenant visiter à sa guise.

« C’est tellement une grande liberté pour moi depuis que ce transport existe. »

 

Un autre aspect de Taxibus que madame Patenaude louange et qu’on ne retrouve pas dans les dépliants : l’aspect social. Il est entendu qu’à la fréquence de son utilisation du service, elle connaît tous les conducteurs et toutes les conductrices.


Et que souhaite-t-elle pour le futur proche? D’abord, elle apprécie que Taxibus soit désormais disponible le samedi et le dimanche, mais aimerait que celui-ci demeure en service plus tard le soir. En attendant, elle profite allègrement de sa « grande liberté » entre 6 heures du matin et 20h!