Par Yanick Péloquin,
Agent de développement,
Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ)

 

Se divertir et se nourrir l’esprit sont des droits et demeurent nécessaires au maintien d’un équilibre psychologique. L’accessibilité à la culture n’est pas toujours possible. De nombreux obstacles viennent fragiliser ou perturber l’accès des citoyennes à une offre culturelle de qualité.

Parmi ceux-ci, soulignons l’obstacle financier. La consommation de produits culturels représente la première source de dépense que l’on coupe quand le budget se resserre. Et pourtant, il s’agit bel et bien d’un besoin fondamental

Véronique L’Espérance assiste à un événement culturel par semaine, dans son quartier.
Yves De Vileneuve également.
Elle a un faible pour les spectacles de danse.
Lui  goûte surtout les prestations de jazz, la chanson québécoise, la musique classique et les spectacles pour enfants.
Et tout ça est gratuit.
Ce lieu méconnu de diffusion culturelle de proximité et accessible à la communauté est la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce.

Spectacle 26 lettres à danser de la Compagnie de danse Bouge de là, se tiendra au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce le 22 avril 2018 / Crédit photo : © Rolline Laporte 

« Ça fait trente ans que j’habite le quartier et je ne savais même pas que vous existiez! » 

– Une utilisatrice.

Les responsables des Maisons de la culture et autres centres de diffusion d’Accès-Culture l’ont souvent entendue cette réplique. L’existence du réseau Accès-culture remonte pourtant aux années du maire Jean Drapeau et sa mission principale est d’offrir un accès gratuit à la culture à travers ses centres de diffusion répartis dans les divers arrondissements de Montréal. Les événements culturels offerts sont variés : spectacles musicaux, expositions, cinéma, etc.

Les événements d’Accès-Culture ne sont pas seulement diversifiés, mais ils s’adressent aussi à un public de tous les âges. En effet, c’est par la publicité d’un spectacle pour enfants que monsieur De Vileneuve et Véronique L’Espérance, de Notre-Dame-de-Grâce, ont découvert le réseau culturel pour ensuite profiter des événements pour une clientèle adulte. Dans les deux cas, la proximité du centre de diffusion d’Accès-Culture avec la bibliothèque du quartier a été le facteur de découverte. Si Véronique connaissait déjà l’existence du réseau avant d’assister à un premier spectacle, c’est par une affiche placardée à sa bibliothèque que monsieur De Vileneuve a appris l’existence de ce « secret trop bien gardé ».

Bascaille – Spectacle : Terroir sonore du groupe Bascaille qui s’est tenue à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce le 13 février 2018 / Crédit photo : © Antoine Amnote Dupuis


En effet, monsieur De Vileneuve, étant un assidu des événements d’Accès-Culture, a remarqué que les salles de spectacle n’étaient pas toujours remplies malgré la grande qualité artistique des événements et leur gratuité. Celui-ci s’interroge : Est-ce le préjugé que ce qui est gratuit est forcément de qualité moindre? Ce passionné d’art d’origine française ne croit pas avoir vu en France l’équivalent d’Accès-Culture pour la sélection rigoureuse des artistes afin d’offrir un produit de grande qualité au public montréalais. Et oui, c’est toujours gratuit! Véronique apprécie l’aspect multiculturel des événements : chants espagnols, danses africaines, etc. 

«J’ai l’impression de voyager même si, en fait, je suis toujours dans la même salle!»

-Véronique L’Espérance, utilisatrice.

Mais ce qui enchante particulièrement monsieur De Vileneuve et Véronique, ce sont les échanges entre artistes et spectateurs à la fin des spectacles. Les premiers accueillent les commentaires des seconds et répondent aux questions soulevées par la prestation donnée. Un espace d’échanges qui ajoute une dimension humaine et sociale à l’expérience artistique, selon monsieur De Vileneuve. Véronique renchérit :

« Ça démocratise l’art, je dirais même que ça le démystifie.»

– Véronique L’Espérance, utilisatrice.

Véronique illustre son propos par des exemples où artistes et gens du public découvrent des points de vue différents –parfois étonnants- sur un même aspect de l’œuvre présentée. Bref, il s’agit d’un dialogue entre l’art et son public, un voyage dans des univers colorés pour aussi peu que «rien du tout» comme prix d’entrée.  

 

Chaque arrondissement de la ville de Montréal dispose d’un diffuseur municipal ou d’une maison de la culture. Pour trouver la vôtre, visitez la page web d’accès culture en cliquant ici.